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Le stochastique c’est quoi ?

Le stochastique est un indicateur boursier, il fait donc partie de l’arsenal quotidien du trader pour s’aiguiller sur les marchés. C’est un indicateur technique, ainsi une analyse de marché par stochastique constitue une analyse technique et non fondamentale.

Pour en savoir plus sur les fondamentaux, visitez notre article dédié à ce sujet.

Le stochastique est un oscillateur, également parfois appelé indicateur de momentum

Rapide rappel historique

Si vous avez cliqué sur cet article, l’histoire du stochastique n’est peut-être pas ce qui vous importe le plus, néanmoins sachez que cet indicateur a été créé par un trader de Chicago nommé George Lane dans les années 50. S’il fallait résumer cet indicateur en une phrase, la voici : le stochastique effectue la comparaison des valeurs actuelles d’un cours par rapport à ses valeurs antérieures.

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Configuration du stochastique

Le stochastique est constitué de deux courbes appelées respectivement %K et %D et de trois paramètres : le nombre de périodes considérés (on utilise généralement 14 jours) et d’un coefficient de « lissage » pour chacune des courbes. Ce coefficient est souvent compris entre 1 et 5 (1 étant rapide et 5 lent). Pour rappel : le lissage d’une courbe détermine à quelle vitesse l’indicateur réagit aux fluctuations du marché (il influe également sur l’amplitude des courbes).

Un coefficient de lissage faible et donc rapide réagira plus rapidement et avec une plus grande amplitude aux variations du marché. Cela permet d’anticiper rapidement les fluctuations du marché mais peut facilement induire en erreur et fournir de faux signaux. Il s’agit donc d’un compromis entre rapidité et qualité des informations fournit par l’indicateur. Prenons un exemple pour illustrer le fonctionnement du lissage.

Courbes boursières

Sur l’image ci-dessus représentant le même stochastique mais pour des valeurs de lissage de la courbe en noir (%K) différentes, le phénomène est facilement identifiable.

Courbe du haut : dites lissé et plus lente coefficient égal à 3
Courbe du bas : non lissé, très « pointu » et plus rapide, coefficient égal à 1

 

Fonctionnement

Comme mentionné plus haut, le stochastique est constitué de deux courbes nommé %K et %D ainsi que de deux lignes se situant respectivement aux niveaux 20 et 80 d’une échelle numérotée de 1 à 100. La courbe %K est le stochastique et se calcule de la façon suivante :                                                                                   

                                                                                          %K = 100 * (Cloture – B)/(H-B)

Clôture : étant le prix de l’actif lors de la clôture
: plus haut atteint sur la période choisie
: plus bas atteint sur la période choisie.

Il s’agit donc de la différence entre le prix de clôture et le plus bas relatif à la différence du plus haut et du plus bas exprimé en pourcentage et exprimée sur la période choisie. Pour mettre les choses plus simplement, cette courbe compare le prix du cours par rapport au prix passé le tout sur la période considérée.

 

Comment l’utilise-t-on alors ? On y vient

Lorsque la courbe %K croise à la hausse la courbe de signal %D on parle de signal d’achat. Inversement, lorsque la courbe %K croise à la baisse la courbe de signal, il convient de vendre l’actif.

Cependant ce ne sont pas les seules informations à considérer : lorsque le stochastique franchit la ligne des 80, on parle de surachat. On considère que l’actif est « trop acheté » ou surestimé, il faut alors prendre garde à un potentiel retournement. Néanmoins quand le stochastique se maintient au-dessus de la ligne des 80 il convient de conserver l’actif.

À l’inverse, lorsque le stochastique se situe en dessous de la ligne des 20 on parle de survente. On peut alors dire que l’actif est bon marché mais toujours vis-à-vis du prix passé sur la période choisie !

Afin de maximiser ses chances, il faut donc combiner ces deux méthodes et essayer d’acheter l’actif lorsqu’il se situe sous la ligne des 20 ou à proximité et lorsque la courbe %K croise à la hausse la ligne de signal.

Prenons un exemple pour voir comment cela s’opère dans la pratique.

 

Cours boursier

Prenons comme exemple le cours de l’action de la société Thales de septembre 2020 à janvier 2021.

On remarque au point A que le cours a chuté après avoir touché la ligne des 80. L’actif était suracheté par rapport à son prix sur les 14 derniers jours et il convenait effectivement de vendre la position. C’est un cas pratique où la ligne de 80 peut également faire office de résistance. Notons qu’en observant le stochastique peu avant ce point, celui-ci est passé de, sous la barre des 20 jusqu’à la ligne des 80 en enregistrant presque aucune hausse. Le retournement était alors très probable.

Le même constat peut être effectué au point B, le seuil des 80 avait été franchi et le stochastique (ligne noire) coupe à la baisse la ligne de signal. Actif suracheté et signal de vente, tout indiquait qu’il fallait effectivement vendre l’actif et cela n’y manqua pas : le prix dégringola dans les jours qui ont suivis.

Au point C, c’est l’inverse qui se produit. On se trouve nettement sous la ligne des 20, l’actif est sous-évalué et la %K vient bien croiser à la hausse la ligne de signal nous donnant un net signal d’achat. Celui-ci est également confirmé par l’écartement croissant entre les deux courbes.

Attention au faux signal au point D, on remarque que la %K croise bien à la hausse la ligne de signal mais ce croisement s’effectue déjà très haut sous la ligne des 80 (à 70 environ). Il aurait été prudent de ne pas ouvrir de position ici. Cela ne manqua pas le titre continua de chuter dans les jours qui suivirent. D’où la nécessité de combiner les deux signaux afin de minimiser les chances qu’il s’agisse d’un faux signal.

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