Monero

Qu’est-ce que Monero ?

La création du Bitcoin en 2009 offrait un maximum de transparence à ses utilisateurs en rendant publiques les transactions ainsi que les adresses sur le réseau. Ce système de transparence ne fit pas l’unanimité et certains préféraient une crypto-monnaie préservant l’anonymat.

Monero est une crypto-monnaie sécurisée qui contrairement à d’autres crypto-monnaies comme Bitcoin ou Ethereum cherche à préserver l’anonymat de ses utilisateurs. 

Le projet Monero a été lancé en Avril 2014 dans un premier temps sous le nom de Bitmonero. Bitmonero est né d’un fork de la crypto-monnaie Bytecoin qui était lors de son lancement en 2012 la première crypto-monnaie privée basée sur la technologie CryptoNote. Ce fork aurait été provoqué par un conflit de gestion entre les développeurs du projet Bytecoin qui étaient alors pour la majorité anonymes.

Quelque jours après le fork de Bytecoin, le projet Bitmonero fut renommé Monero.

 

Comment fonctionne Monero ?

la crypto-monnaie Monero est basée comme pour le Bitcoin sur le Proof of work (PoW). Bien que vorace en énergie et relativement centralisé, cet algorithme de consensus a l’avantage d’être sécurisé : idéal pour une crypto-monnaie dont la protection des données est son objectif premier.

pour rappel le Proof of Work permet aux mineurs de sécuriser un réseau et d’en opérer les transactions via la résolution de problèmes mathématiques complexes à l’aide de CPU (processeur) ou GPU (carte graphique). 

 

Transaction

Monero protège les données d’un bout à l’autre de la chaîne. En effet, lors d’une transaction, l’adresse de l’émetteur, du destinataire et le montant de la transaction sont protégées/obfusquées grâce à trois technologies distinctes : «  ring signature », « ring confidential transactions (ring CT) » et les « stealth adresses ».

Accrochez-vous car les choses vont se complexifier un peu 😉 

 Stealth adresses

Les adresses des portefeuilles Monero comprennent 95 caractères contenant une clé publique ainsi qu’une clé privée.

Lorsqu’une transaction est effectuée, une clé publique unique est générée et enregistrée en utilisant la clé publique du destinataire ainsi que des données contenant aléatoirement les clés de plusieurs autres utilisateurs. Un observateur ne pourrait donc pas à l’aide de la clé publique de transaction remonter jusqu’au destinataire.

Les jetons XMR sont contenus dans des « output blocks ». Au cours d’une transaction il y a donc transfert d’output d’un utilisateur à un autre. Seul le destinataire à l’aide de sa clé privé peut consulter et scanner le réseau pour identifier sa transaction. 

Une fois que le destinataire reçoit la quantité de Monero envoyé donc « l’output », il pourra générer une clé privée unique correspondant à la clé publique de transaction afin de dépenser la quantité de Monero reçu.

Pour résumé les stealth adresses ou adresses dissimulés permettent d’effectuer des transactions sans que l’adresse du destinataire soit affiché sur la blockchain ou ne puisse être associé avec un « output block » circulant sur le réseau. Cependant, celle-ci ne préservent pas l’anonymat de l’émetteur, c’est le rôle des ring signatures.

Ring signature 

La « ring signature » ou signature en anneau permet de garantir l’anonymat de l’émetteur au cours d’une transaction. Lors d’un envoi de Monero, l’émetteur appose une signature sur le bloc associée avec celles de plusieurs autres utilisateurs afin de former une signature finale semblable à celle que l’on retrouverait sur un chèque de banque mais qui ne permettrait pas d’en identifier le véritable signataire.

Puisqu’il est impossible qu’une tierce personne puisse savoir quel « output block » est dépensé, on peut se demander s’il n’est pas possible de dépenser le même « output » deux fois. Le réseau s’assure que ceci est impossible en utilisant une clé image (Key image) unique associée à la signature déposé par l’émetteur lors d’une transaction. Il est bien entendu impossible de relier une clé image à un signataire.

Du point de vue d’un observateur, n’importe quelle signataire a autant de chances d’être l’émetteur de la transaction et celui-ci est assuré que « l’output » qu’il reçoit n’a jamais été dépensé auparavant via la clé image.

Le montant de la transaction en lui-même est quant à lui protégé par ce qu’on appelle le « ring confidential transactions » ou « ring CT ».

Ring Confidential transaction

Les anneaux confidentiels de transactions furent implémentés sur la blockchain en Janvier 2017 et permettent de masquer le montant d’une transaction. Pour illustrer le fonctionnement des « rings CT », nous allons utiliser un exemple.

Imaginons que notre premier individu : Pierre possède 15.7 XMR et qu’il souhaite envoyer 5.7 XMR à son amie Julie.

La totalité des XMR de Pierre devront être utilisés pour effectuer la transaction. Celle-ci comprendra alors 1 entrée (input) : les 15.7 XMR de Pierre et 2 sorties (outputs) : les 5.7 XMR qui seront envoyés à Julie et les 10 XMR restants qui seront retournés à Pierre.

Ce système permet d’empêcher que des Monero (XMR) ne puissent être fabriqués frauduleusement lors d’une transaction car la somme des entrées (inputs) doit toujours être égal à la somme des sorties (outputs).

Pour connaître en détail le fonctionnement des ring CT, vous pouvez cliquer ici.

 

Pour résumé

Un acteur externe à une transaction quelconque ne pourrait ainsi voir ni identifier ni l’émetteur, le destinataire ou le montant d’une transaction alors que celles-ci sont entièrement publiques et accessibles à tous sur de nombreuses blockchains. Il est d’ailleurs possible de consulter ces transactions en temps réel avec des outils tels que Etherscan

 

Monero est une crypto-monnaie fongible qui souhaite se positionner et se démocratiser comme moyen de paiement.

Elle est très populaire sur le Dark web de par son aspect intracable. Monero est la seconde monnaie la plus utilisée sur la face cachée du web derrière le Bitcoin et son concurrent Zcash.

 

Avantages de Monero 

  • Confidentialité et sécurité des transactions sur le réseau et des informations des utilisateurs.

     

  • Un réseau décentralisé : malgré un protocole de consensus de type  Proof of Work, Monero s’assure que le fonctionnement du réseau n’est pas géré par une unique entité (ce qui est souvent reprochés à ce protocole).

     

  • Une émission progressive et contrôlée des jetons afin de continuer à inciter les mineurs à miner du Monero.

     

  • Une large communauté comprenant pas moins de 500 développeurs et 30 core développeurs

Pour aller plus loin

Matt
Matt

Fondateur de Bourse-investir et trader à mes heures perdues, j’ai créé ce site dans le but de partager mon expérience et ma passion pour l’univers de la bourse et du trading. J’ai toujours à cœur d’apprendre pour m’améliorer et j’adore passer des heures à me documenter sur les avancées de la blockchain ou de l’actualité boursière.