Krach

Anticiper les crises par l’analyse technique

Dans cet article, nous essayerons de comprendre par quels moyens il est possible d’anticiper les retournements majeurs de tendance par le biais de la puissance de l’analyse technique. Nous analyserons notamment sur deux crises majeures de ces dernières décennies, et expliquerons comment elles auraient pu être anticipées.

La crise des subprimes

La crise des subprimes a commencé durant l’été de l’année 2007 et a entraîné l’effondrement des indices et des cours boursiers à partir de septembre 2008.

Après le fort décrochage apparent sur le graphique en début 2008, beaucoup d’institutionnels et d’analystes financiers se basant sur des critères fondamentaux expliquèrent que les cours étaient devenus trop bas et qu’il était donc le moment de racheter.

Cependant, en se basant froidement et uniquement sur des critères purement techniques, une analyse long terme sur les cours des indices nous permettent de constater que le marché était vendeur à l’époque.

Sur le graphique du CAC 40 ci-dessous, plusieurs indicateurs nous laissent présager un retournement à la baisse proche :

 

  • D’une part, on observe une courbe de MACD qui passe sous la barre des négatifs en été 2007. Cette même courbe vient retoucher la zone de neutralité sans la dépasser en octobre 2007 : il s’agit d’un cas où un support est devenu une résistance, ce qui est un fort signal vendeur. Pour plus d’informations concernant ce phénomène, voir l’article supports et résistances.

     

  • On observe également le même phénomène pour le RSI : l’indicateur est passé de l’autre côté de sa zone de neutralité fin 2007, ce qui renforce notre jugement baissier.

     

  • Sur une analyse purement graphique, on observe fin 2007 une cassure du palier critique des 5300 € ayant servi de support majeur par une forte bougie japonaise baissière. A la suite de cette cassure, le cours ne repassera pas au-dessus des 5300 €.

Nous effectuons toutes nos analyses avec « tradingview », vous ne connaissez pas tradingview ? Cliquez sur le lien ci-dessous pour vous inscrire !

 

Crise

Nous aurions pu ajouter d’autres indicateurs techniques, mais ce choix non exhaustif d’indicateurs aurait amplement suffi à l’époque pour garder son sang-froid, son indépendance d’esprit, et donc pour ne pas tomber dans le piège d’acheter.

 

De même, une analyse froide et réaliste du secteur bancaire, le premier à avoir été touché par cette crise, nous permettait d’anticiper un retournement et de ne pas attendre 2008 pour revendre ses positions engagées.

En effet, on peut voir sur les graphiques suivant des titres de deux banques célèbres que sont le Crédit Agricole (ACA) et Morgan Stanley (MS), qu’une simple droite de tendance en dit long sur la tendance à venir des cours à l’époque :

Titre du Crédit Agricole au début de la crise de 2008 :

Actions bourse

Titre de Morgan Stanley au début de la crise de 2008 :

Action

La crise de 2000

L’étude du marché des valeurs technologiques aux prémices de cette crise est également intéressante et permet à postériori de repérer les indicateurs qui annonçaient l’effondrement proche.

Reprenons le graphe hebdomadaire du CAC40. Bien que l’on puisse affirmer que le marché soit en hausse au début de l’an 2000, une divergence baissière était progressivement en train de se former. Sur un graphique long terme, une divergence baissière apparaît comme un fort signal vendeur, ce qui ne présageait rien de bon pour l’avenir.

Cette divergence sera d’ailleurs confirmée par une cassure de la zone de neutralité du RSI comme on peut le voir.

Crise financière

De même, en observant le NASDAQ, indice phare des valeurs technologiques, l’utilisation des Bandes de Bollinger nous montrent clairement le passage du cours de l’indice sous la moyenne mobile centrale sans jamais repasser au-dessus. Cette cassure est d’autant plus accentuée qu’elle est soulignée par une grosse bougie japonaise baissière.

Réduire son exposition à ce moment, voire la couper, aurait permis à beaucoup d’investisseurs d’éviter de voir leur capital s’écrouler.

NASDAQ

Adopter une stratégie défensive

Bien qu’il soit techniquement possible de repérer à postériori un retournement, cela reste évidemment bien plus compliqué en temps réel.

L’investissement doit être pratiqué en « bon père de famille », plutôt qu’en « trader compulsif ». En effet, sur le long terme, il est important d’adopter une stratégie adaptée qui saura nous protéger contre toutes les situations envisageables sur les marchés boursiers : crises, retournements, bulles spéculatives

De plus, un investisseur n’est ni un day trader, ni un scalpeur. C’est avant tout quelqu’un qui n’est pas en permanence scotché à son écran et qui doit pouvoir dormir sur ses deux oreilles en toutes circonstances tout en générant des profits.

Par conséquent, afin de se protéger, il doit mettre en place plusieurs méthodes défensives et rentable :

  • Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et adopter une logique de diversification;
  • Privilégier les indices aux actions (possible via les ETF / Trackers) ;
  • Utiliser des stop-loss;
  • Faire très attention avec les effets de levier;
  • Avoir un money management solide qui permet de n’investir que quelques pourcentages de son capital sur un actif financier.

Enfin, il est très important de comprendre que la bourse n’est pas une science exacte.

En effet, les phénomènes apparus dans le passé ne se reproduiront pas forcément de la même façon dans le futur. Réussir dans les marchés ne nécessite pas de prédire l’avenir, mais demande avant tout d’établir des stratégies protectrices et rentables qui s’adaptent aux différents marchés dans lesquels vous voulez investir.

Alex
Alex

Co-rédacteur de Bourse-investir, je suis passionné par les marchés financiers et je souhaite partager ma passion pour ce domaine fascinant, tout en continuant à approfondir mes propres connaissances.